FRÉJUS,RODILHAN, RION : COMMENT DEFENDRE NOS LIBERTES INDIVIDUELLES; MIEUX CONNAITRE LA CORRIDA ET SES ORIGINES.

26/02/2013 00:00

INTRODUCTION .

*La corrida est une activité controversée qui ne laisse cependant personne dans l’indifférence totale. En effet comment ne pas réagir face à ce spectacle(…) où l’Homme qui surgit du passé, se trouve confronté à la force naturelle dans son expression la plus représentative, le taureau de combat?

Le taureau bravo est le protagoniste le plus important de la corrida.

 

Celui qui suscite les passions les plus intenses et les sentiments les plus forts : admiration et peur se côtoient dans les yeux des aficionados face à cet animal puissant, cette montagne de muscles saillants surmontée d’une paire de cornes impressionnantes et toujours prêtes à foudroyer celui qui se montrerait trop audacieux.

 

Les détracteurs de la tauromachie ne voient là qu’un spectacle cruel et inutile où l’animal est sacrifié sans considération, pour le plaisir de fanatiques sanguinaires.

 

 Pour d’autres, il s’agit d’un art où le taureau fait l’objet d’un culte qui ne peut être compris qu’après avoir vu une foule applaudir la sortie d’un taureau dont la bravoure a contribué à la beauté du spectacle.

Cependant pour arriver à ce résultat une sélection sévère est opérée : dans un premier temps cette sélection porte sur les critères anatomiques tels que les cornes et la puissance mais aussi sur les critères comportementaux puisque le taureau de combat se définit avant tout comme un taureau brave :  ("bravo") sauvage en espagnole*

 ( Professeur  Jean SAUTET Vétérinaire, chercheur et professeur  à L’université de TOULOUSE.)

 

 

I) LA LOI

 

L'article 521-1 du code pénal est le suivant: « Interdiction d'observer tout acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité (...) ».

 Cet article de loi nous conduit naturellement à l'autre loi qui stipule qu'il peut y avoir des corridas ou spectacles taurins uniquement quand ces derniers se déroulent dans les régions de tradition taurine ininterrompue. Quatre régions françaises perpétuent la tradition espagnole de la tauromachie: l’Aquitaine, le Midi-Pyrénées, Le Languedoc-Roussillon et la Provence-Alpes-Côte d'Azur qui bénéficient d’une dérogation législative précisée dans l’article 521-1alinéa 5 du code pénal. La corrida est donc bien protégée.En réalité, elle n'a jamais été autant en danger qu'aujourd'hui malgré l'appui de quelques élus.

Un des plus engagés depuis des années, Henri Emmanuelli Président du Conseil Général des Landes et député, sur ce sujetc onfiait sur au journal "Le Monde" : "les lois ne sont pas faites pour être transgressées, mais pour évoluer: c'est la force de notre République. Mais dans certains cas on s'en passerait bien… ».

 

II) LA  LOI ET SES  FAILLES: SAINT PERDON,  UN EXEMPLE PATENT.

 

"Badaboom" !!!

 

 Il a également été jugé que: la tradition locale ne pouvait être interrompue que par un fait unique et accidentel, telle l'expropriation des arènes en temps de guerre, l'incendie de l'installation ou la fermeture définitive d'arènes. (Bordeaux, 11 juillet 1989, JCP 1989 II 21344).

Les activistes et groupuscules antis corridas se frottent les mains. Pourquoi dans ce cas continuer à lutter puisqu'un changement de Maire, un  « faux incendie accidentel » permettrait de faire fermer des arènes.

Les arènes de Saint Perdon (Landes) ont brulé: les novilladas de Saint Perdon se tiennent à Mt De Marsan, les arènes du Plumaçon étant gracieusement prêtées (louées) à la petite commune Landaise.

Imaginons un scénario catastrophe mais plausible. Bientôt auront lieu les élections Municipales; si  l'actuel Maire de St Perdon perdait son mandat au profit d’un élu désireux d'interrompre les spectacles taurins dans sa ville, la loi serait avec ce dernier:  rappelez vous "la tradition locale ne peut être ininterrompue que par un fait unique et accidentel. Un incendie par exemple comme à Saint Perdon.

Bien sur un recours en appel (perdu d’avance car aucune preuve ne prouve que l'incendie des arènes puisse être volontaire) pourrait être entamé  pour reconstruire des arènes en dur.

Ce qui couterait très cher à commune "si petite". Si de plus le Conseil Municipal opposé à la reprise des novilladas dans cette ville votait un « non » massif  à cette proposition, il n'y aurait plus de Novilladas à St Perdon.

Saint Perdon est un exemple parmi tant d’autre : Alès, Fréjus, La Brède et bien d’autres plazas sont sur la corde raide. L’exception Culturelle et « la tradition locale interrompue » ne nous protègent donc pas autant que nous pourrions le penser.

Fréjus, plaza de référence de par son architecure et son patrimoine taurin, attend avec angoisse la tête sur le billot la tenue des éléctions municipales pour savoir si l'année prochaine des taureaux fouleront encore le sable de l'amphithéâtre.

Le problème qui se pose à Fréjus montre oh! combien la politique et les élus jouent un rôle prépondérant dans l'avenir des tauromachies y compris dans des villes où il ne s'agit pas simplement de tradition, mais tout simplement d'Histoire.

 

MEME L’ESPAGNE !!!

L’Espagne, pays de la Fiesta Brava, en fait aussi la douloureuse expérience dans un contexte différent de celui de la France.

 Le pays est divisé en Régions Autonomes. Des Communautés Autonomes avec leur lois, leurs pouvoirs exécutif et législatif (ex : La Catalogne, La Galice, La Navarre).

 

 Certaines régions peuvent donc voter l’interdiction des corridas : Ténérife, Barcelone et Saint Sébastien la dernière en date ont vu grâce ou à cause de ce système «d'autonomie» leurs plazas devenir des vestiges ou même de grands centres commerciaux ( cf, plaza "Las Arenas" de Barcelone).

 Nos amis aficionados espagnols n’ont alors qu’un seul recours ; crier, manifester et interpeller les élus aficionados de leurs régions, avec l'aide de toreros, ganaderos pour que la loi d'abord votée au niveau régional soit soumise aux « Cortes », sorte d’Assemblée Nationale Espagnole. En espérant que cette dernière soit « revue et corrigée » à l’échelle nationale. La Catalogne avec Barcelone est l’exemple d’une demi-victoire.  On en revient donc et encore à un problème politique.

 

Donc, lorsque l’on dit que la corrida est en danger en France, n’oublions pas qu’elle l’est aussi de l’autre côté des Pyrénées. Il doit y avoir une solidarité inébralable entre L'Espagne et France car ces deux pays font partie de l'Union Européenne. Une loi votée par le parlement Européen  interdisant la tenue de corridas dans l'un de ces deux pays et qui plus est ferait jurisprudence, scellerait définitivement le sort des tauromachies en Europe.

 

III) QUI NOUS DEFEND ?       L'AMTF, LA FSTF, L'UVTF et L' ONCT:

(Festival des toreros Français organisé par L' AMTF: le 1/08/2013).

 

 Littéralement: Association des Matadores de taureaux Français, Fédération des Sociétés Taurines de France, Union des Villes Taurines Françaises et naissance il y a peu de l'Observatoire National des Cultures Taurines.

Toutes ces Associations et bien d'autres telles que l'AVTF ont pour but avec l'aide des Commissions Taurines Extras Municipales notamment, de "défendre la tauromachie sous toutes ses formes".

Merci donc à ces associations qui travaillent main dans la main pour que la corrida ne devienne pas caduque. Elles ont pour vocation d' interpeller les systèmes législatif et exécutif. Les évènements de Rodilhan ou Rion sont des actes délictueux commis par des "associations soi-disant  pacifistes". Toute personne visant à empêcher par la force le déroulement d’un spectacle légal et autorisé par la préfecture, de manière violente, occasionnant des blessés, devrait être comme n’importe quel délinquant traduit devant un Tribunal Correctionnel. C’est un des nombreux combats menés par La FSTF et l’UVTF

 

IV) LES "ANTIS", HORS - LA - LOI MAIS BIEN ORGANISES.

 

Les pseudo manifestations sont, quelle que soit la manière employée, la plus part du temps délictueuses:

Toute manifestation ou regroupement visant à défendre une opinion est légale dans notre pays. Mais certaines règles doivent être respectées:

informer le préfet de la manifestation, de son objet, du  trajet emprunté et prévoir un service d'ordre minimum au sein-même du cortège fait partie de ces règles: tout cela afin que la préfécture puisse prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de ses concitoyens ou bien , en dernier recours, l'interdire.

Si des incidents graves comme à Rion, Rieumes, Rodilhan  sont survenus, c'est tout simplement parce que ces groupes antis corridas ont opté pour des actions "coup de poing" sous couvert d'action pacifiques.

Mais est-ce si simple?

Pas toujours: les antis corridas sont de mieux en mieux organisés. Leur but est de montrer grâce aux réseaux sociaux que ce sont eux qui sont victimes d'aficionados violents.

 

Un exemple: RION DES LANDES CETTE ANNEE.

 

 Certains "antis" payent leur place, et peuvent ainsi s'enchainer, envoyer des fumigènes sur hommes, femmes et enfants. En clair ils tentent d'empêcher la tenue d'un spectacle légal par tous les moyens y compris les plus violents (emploi de bombes lacrymogènes par exemple).  Mais le vice va plus loin; Certaines associations pour la défense des tauromachies reçoivent a posteriori des informations ahurissantes des services de polices.

On se rend compte, alors, de la compléxité du combat mené par l'afición: une manifestation d’antis comme le CRAC est en réalité une manifestation anarchiste préparée "façon commando". La violence envers les aficionados et les forces de l'ordre (quatre gendarmes dont un grièvement blessé par une banderille à Rieumes) est de mise, mais leurs actions sont diverses:

 A Rion des Landes cette année, les antis (qui n’ont pas demandé d’autorisation à la Préfecture pour manifester) se sont introduits de manière légale (en payant leur place) dans l'enceinte. Une fois dans l'arène, ils ont mis leur plan à exécution. Ils leur a suffit simplement d'être trois: au milieu un anti, à sa gauche un complice qui joue le rôle d'un aficionado, à droite un dernier individu muni d'une caméra. Le ton monte entre les deux premiers, le pseudo aficionado frappe son collègue qui n'aime pas la corrida mais "voulait juste voir ce que c'était"..., et le troisième filme la scène. Cette dernière est immédiatement mis en ligne sur tous les réseaux sociaux et offerte à certains médias, le but étant de montrer que l'aficionado est non seulement sanguinaire mais également violent. Quand au malheureux qui à Rion est tombé d'un camion ce qui l'a plongé dans un coma profond (information largement relayée par les médias), il fut en réalité pris en charge par les pompiers pour un simple "bobo" à la tête:  il n'a d'ailleurs passé qu'une nuit en observation à l'hôpital de Mont de Marsan (source Sapeurs Pompiers Morcenx), alors que certains journaux continuaient d'écrire qu'il se trouvait "dans un état critique".

 

V) CONCLUSION: QUE FAIRE ?

 

En amont, chaque organisation de défense de la corrida travaille dur. André Viard et l’Observatoire Nationale des Cultures Taurines de France a réussi à faire entrer la tauromachie dans notre Patrimoine Culturel. Roger Merlin et La FSTF  lors de leur 97è congrès à Rion ont justement interpellé les Autorités afin que tout débordement ou acte délictueux ne reste plus impuni.

Des plaintes ont été déposées pour séquestration de M. le Maire de Rion et incompétence des autorités locales à faire en sorte qu'un spectacle légal puisse se dérouler normalement sans que ce dernier ne tourne au pugilat. Après, il faut, ce qui n'est pas toujours le cas, que les pouvoirs legislatifs exécutifs et judiciaires donnent une suite à ces dépôts de plainte.

Mais nous aficionados avons aussi un devoir militant .

 La première des choses est de ne pas tomber dans le piège de la provocation en ripostant par la violence: c'est justement ce qu'attendent les associations "d'antis". Mais par contre, ne pas hésiter à porter plainte contre X ou simplement déposer une main courante lorsque nous sommes pris à parti. Vérifier les informations que l'on peut voir ou lire (ex, l'affaire de la personne dans le coma à Rion) et qui sont relayées à charge par certains médias qui ne controlent pas la véracité de leurs sources.

 C'est aussi être présents en nombre lors des Novilladas de promotion qui sont l’avenir de la Fiesta Brava ou lors de festivals, notamment dans les petites plazas : Lionel Rouff, Julien Lescarret, Denis Loré, L’AMTF et bien d'autres "maestros" défendent et organisent ce genre de spectacles tout en soutenant le toreo Français comme à Mimizan ou Rodilhan cette année. Ils organisent aussi des journées caritatives: festival de Mont de Marsan en faveur de l'association Handisport. Ils s’emploient également à vulgariser la tauromachie sa culture et son Histoire.
Nous devons toujours aller aux arènes en utilisant le trop peu connu Mouchoir violet: ce dernier permet de signifier notre désaccord  lorsque trophées, indultos, vueltas pour le taureau sont octroyés « gracieusement », ou bien de contester la présentation du bétail ou l'état des cornes: tout ce qui dessert largement la tauromachie.

 Ne pas oublier non plus ce que font ou ont fait certaines figuras.

 Les Maestros vedettes du « G10 » par exemple, de par leurs exigences suicidaires on mit en peril l’avenir de la corrida. Ceux- là même combattent des toros de piètre présentation, quelquefois même indignes d’être lidiés et qui demandent des cachets exorbitants dans un contexte de crise se voient régulièrement "répétés" deux voire trois fois dans certaines plazas, alors que pour nombre de Maestros Français et/ou Espagnols le "téléphone ne sonne presque jamais à leur domicile".

Etre présents dans les bureaux de votes, à Fréjus notamment pour empêcher le pouvoir politique de décider de nos libertés individuelles tout en balayant d'un simple revers de manche des années de spectacles taurins.

Nous aficionados avons donc le devoir citoyen de lire et interpréter le programme de nos candidats et de nous déplacer en masse dans les Mairies afin d'accomplir notre devoir civique bien sur, tout en ayant en tête un but précis: celui de la survie des corridas dans des citées en danger telles que Fréjus par exemple.

Bien des batailles se gagnent dans les urnes.

Pour terminer, je dirais que rien n’est gagné, même si certaines choses bougent lentement mais sûrement. Associations et nous aficionados Français et Espagnols devont marcher « main dans la main » et toujours rester vigilants afin que nos Arènes ne deviennent jamais des centres commerciaux!    

Marc Vargas. 

 

Merci au vétérinaire Jean Sautet.

 *La thèse de Jean Sautet est entièrement lisible sur Internet.