Août; les “modestes” aussi payent le prix fort.

17/08/2014 17:39

 

 

Août, les "modestes" aussi payent le prix fort.

 

 

 

 Alberto Pozo n'est peut être pas la Figura du siècle, mais il est torero. Il a du talent et attend sa chance comme tant d'autres.

(Alberto Pozo Ruiz; Novillero con picadores)

 

 Orthez, arènes du Pesqué 28 juillet à Onze heures; Novillada piquée. Sous un soleil de plomb et une chaleur d'une intensité telle que même les lézards ont déserté les pierres, "El Pozillo" le nez et les côtes fracturées revient au combat après une "voltereta" qui aurait fait pâlir de honte « l'homme fusée". Grimaçant de douleur il envoie son adversaire au royaume des Dieux.

 

 

    

 

 

 Bref passage à l'infirmerie et le torero valiente, macho fera fi des recommandations du staff médical lui interdisant de reprendre les "trastos".   Aux banderilles, pour le public, pour "lui" aussi, il s'offrira même le luxe d'une paire "al violin". S'en suit une faena de macho et un coup d’épée fénoménal "hasta la bola", le corps en accordéon,  dont ses cotes endolories se souviennent encore. Il quitta le « ruedo »  en torero sur ses deux jambes.

 

( "Estoconazo hasta la bola" )

 

 

 

 Quelques jours plus tard il haussait pavillon d’un pensionnaire de Zahariche à Carcassonne.

 

J’ai la  chance de bien le connaitre, puisqu’il est mon ami.

 Il décrocherait la lune  sur commande  pour que le téléphone sonne enfin à son domicile.  Ses journées sont rythmées par des heures de toreo de salon, des heures passées à arrêter le  temps jusqu’à tutoyer le geste  parfait, pour ensuite alterner course à pied et des séries de derechazos une altère dans chaque main. Des  Efforts démesurés afin d’être affuté, comme son estoque, « listo » pour que  le moment  venu, l’étoffe  le fauve et l’homme forment le parfait triptyque pour briller.

(...Briller le jour "j"...)

 

 Lors du festival par exemple Ce jour là est enfin arrivé. Alberto est  prêt, surentrainé et heureux comme un gamin un matin  de noël.  Mais on va lui voler son noël.

La  corne du toro n'est pas rentrée,  non la corne n’a pas torturé les chairs d’Alberto, mais donnant le coup de grâce au fauve, ce dernier l’envoie valser si haut, qu’à terre la cuadrilla s’affère autour d’un  pantin désarticulé   Résultat ; ligaments de la cheville déchirés la chute occasionnant une fracture du pied.

Temporada terminée,  et celle qu'il attendait  avec impatience, cette course dans sa ville natale,  Albacete où  il  vêtirait enfin  le fameux traje  noir et azabache  un peu « chulo » comme il aime à le dire,  cette Novillada là marquée d’une croix sur le calendrier : envolée..

 

( ALBACETE )

 

Avec  en sus   la possibilité d'être "répété" s'il triomphait. Tout s’évanouit.  A peine entamée, la temporada d’Alberto Pozo  est donc stoppée net.  Malgré la "desilusión", Alberto c’est certain  se battra comme un damné lors de la rééducation afin  qu’en Février  lorsque  ce fichu  téléphone sonnera  pour un novillada dans un « hueco » de France ou de Navarre, il puisse sans coup férir,  répondre:   "sí voy »!  Emportant avec lui un  traje noir et azabache…un poco « chulo ».

 

 

 Marc; le 17/08/2014