Naissance d'une artiste

29/06/2014 22:58

 

Avant  de commencer:  Il est évident que l'interprétation qui suit n'a rien de didactique. Ce n'est qu'une refléxion subjective.

 

Si j'ai décidé de vous proposer ce cartel, c'est bien sur pour l'actualité taurine: une capea doit  avoir sa place dans le coeur des aficionados tout comme une corridas ou une novillada piquée. Mais je dois avouer qu'au delà de l'intêret du cartel ce qui m'a poussé à mettre en évidence cette afiche est sa beauté. Cela n'a rien à voir avec le fait que je connaisse l'artiste, mais pour de multiples  raisons l'artiste en question, Morgane Roux méritait bien d'être "en première" ligne sur le site. 

 

Cette peinture est à la fois belle et originale; ce qui n'est pas évident: si elle l'est c'est parce-que la jeune fille propose une vision presque "cubique" d'un torero, ou d'une torera ?

 

De plus le fait de ne proposer qu'en forme d'esquisse, un Homme sans tête et sans pieds permet de laisser libre court à l'imagination. Pourtant même si ce torero semble n'être qu'une esquisse, on remarquera pourtant le sens du détail;

notamment dans la finesse du tracet de l'esquisse et des brodures qui ornent le "traje" d'un magnifique rose fushia. En effet entre les broderies de la chaquetilla et celles de la taleguilla l'artiste nous offre, comme je l'écrivais auparavant une vision cubique et à la fois bien réelle qui permet de découvrir l'habit "sous toutes ses coutures", sans mauvais jeu de mots.

On peut donc voir les détails de fils d'or cousus "dessinés" par Morgane au dos du "gilet".  Ainsi l'artiste nous laisse découvrir les arabesques et les broderies avec un sens du détail particulièrement précis.

Ceci nous indique aussi que la peintre n'a rien laissé au hasard tout en nous démontrant sa connaissance du milieu taurin, ou mieux son aficion puisque les broderies de la chaquetillas en "eses", forme de la broderie, sont identiques comme il est de coutume sur la "taleguilla", (le pantalon de torero).

 

On peut finalement voir dans ce cartel une création artistique exclusivement picturale, mais si l'on pousse un peu plus la critique, on peut aussi y voir le patron d'un habit de lumière rose fushia et or.

Poursuivons. Dans cette oeuvre à la consonnace cubique les objets (chaquetilla et taleguilla) sont, conformément aux règles du cubisme, fragmentés, puis rassemblés dans une forme abstraite.  Là ou l'artiste apporte tout son génie et donne à sa peinture toute sa singularité, c'est justement dans sa façon de rassembler "les objets": rien n'est ambigu dans l'oeuvre: contrairement parfois aux grandes lignes du cubisme, ce qui, il faut en convenir, lui enlève parfois une certaine cohérence.

 

Au contraire, cette jeune artiste d'à peine seize ans apporte un plus, une musicalité à sa peinture, mais pas n'importe laquelle.

La tauromachie et le flamenco sont deux arts intrinséquements liés et deux des passions de Morgane. Alors, le soucis de peindre le dos de la chaquetilla avec un bras gauche tendu avec fierté, la courbure des lignes au niveau de la ceinture terme largement usité autant en Tauromachie qu'en Flamenco et l'intelligence de dévoiler les jambes de profil, rappelle les fameux danseurs de flamenco terminant "una copla" (phrase musicale flamenca). Le personnage sur cette affiche est en mouvement tel un danseur.

Aprés que Jose Bergamin l'eût écrit, Morgane Roux a su avec simplicité , justesse et aficion peindre la "musicalité du toreo",

 

Je dois avouer qu'ayant la chance de bien connaitre Morgane et nombres de ses oeuvres  je n'en fus pas moins subjugué par la beauté de cette affiche.

 

Mais si j'ai tenu à lui rendre hommage en lui dédiant cette chronique ce n'est vraiment pas copinage mais tout simplement parce-que c'est la première fois qu'une de ses oeuvres est retenue pour un cartel !

Enhorabuena Morgane, et gageons que ce n'est que le début d'une longue séries... suerte!

 

Marc Vargas: merci à Morgane d'avoir offert ce cartel à "L'Envers du Mundillo".

 

*Vous pouvez retrouvez Morgane et d'autres oeuvres sur sa page Facebook "Morgane Roux".