ALDEMAYOR : 23 AOUT 2015, ALEXIS SENDIN A LA CROISEE DES CHEMINS.

21/08/2015 22:49

 ALDEMAYOR :  23 AOUT 2015, ALEXIS SENDIN A LA CROISEE DES CHEMINS.

 

Le 16 Août dernier en Cantalpino (Province du toro Roi, Salamanque) s'est déroulé un festival mixte. 6 toros – novillos de Ignacio Lopez Chaves avec A. Canales Rivera, J. Valverde  Juan A. Gonzalez et pour encore peu de temps élève de la prestigieuse école Taurine de Salamanca, le novillero Alexis Sendin.

 

Alexis Sendin Gonçalves est né à Foix (Toulouse) de mère française et de Père Espagnol  très tôt la famille prit son envol vers l'Espagne; direction: Castilla Y León un petit bourg non loin de Salamanca, depuis ce jour le jeune Alexis n’a eu de cesse de voir, respirer, dormir « toros ». C’est donc naturellement qu’il intègre la prestigieuse Escuela Taurina de Salamanca.

Repéré très tôt dès son entrée à l'Ecole Taurine dirigée par le "maestro" José Ignacio Sánchez (Directeur de la prestigieuse Ecole Taurine, par ailleurs Responsable de la Ganaderia des Pedraza des Yeltes), le torerito apprend vite. Becerros, Erales, "Clases Prácticas" pour beaucoup de professionnels tels que Javier Castaño il ne fait aucun doute que "le gamin" a un "potentiel énorme".

 

(Novillada sin Piqueros; Ecole Taurine Salamanque)

 

 

 

 

 Doué dans les trois tiers, qu'il pleuve qu'il vente ou qu'il neige Alexis Sendín ne rechigne jamais à enchainer les derechazos devant ce fameux  toro imaginaire; celui dont tout torero rêve.  De Toreo de Salón en Novilladas de promotions, de Bolsins en Festivals  Alexis étoffe rapidement  son CV.

 

Son expérience et son appréciation des terrains seront récompensées par de nombreux Tentaderos dans les Fincas les plus célèbres.  José Ignacio Sánchez le premier  n'oublie rien de ses qualités; en Homme juste qu’ii est il  permet au novillero de tienter les fameuses vaches Pedraza de Yeltes.

El Sr. Fernando Garcia l'invite lui aussi à s'essayer devant les Adelaida Rodriguez: "vacas", puis Utreros.  (PHOTO DE FDO GARCIA).

Encore Novillero Sans Picadors Javier Castaño offre à l'"apprentis" la chance de se frotter à un "cuatreño". Un bicho « revenu » des corrales de Madrid, devant lequel le jeune Salamantino aura à cœur de  prouver que le courage dont il fait preuve ne se limite pas aux novillos qu’il a l’habitude de combattre.  Que ce soit devant des Erales Utreros ou Cuatreños, la Valentía chevillée au corps  « il a ce petit plus une attitude à part que jamais ne varie que ce  soit devant les « pitons » de  « tres ou cuatro hierbas ».

Ce petit plus qui est surement une des qualités les plus difficile à faire valoir en tauromachie; communément on appelle cela  "la ceinture"; le buste et les jambes ne font qu'un et pourtant tout les deux semblent  dissociés, ce qui permet une cambrure jamais forcée permettant au  torero de dessiner des séries de naturelles ou derechazos avec grâce et  ce "pellizco" qui ne s'apprend pas dans les écoles de tauromachie. Et lorsque le torero maitrise cette ceinture avec la grâce d’un poignet de

 

cristal, le mot "arte" n'est pas galvaudé.

(Veronica con "arte y Pellizco")

 

 

Le fait de dire sincèrement qu'Alexis Sendín a un avenir dans la tauromachie ne l'est pas moins...

Le 23 août 2015 sera pour le novillero de l’Ecole Taurine de Salamanque et tous ceux qui dès ses débuts ont cru en un avenir prometteur pour le jeune torero, une date très importante. En lieu et « Place » d’Aldemayor (Valladolid), Alexis Sendin après plus de 40 novilladas et autres festivals, tentaderos, ou autres « Bolsines »,  fera  ce 23 août son entrée dans ce sérail si beau et dur à la fois du toreo Professionnel. Le jeune torero encore trop  peu connu en France, (être né en Métropole tout en étant élève d’une grande école taurine Espagnole  handicape parfois  pour traverser la frontière) est en droit d’espérer  s’il  continue sur la lancée du succès  « con picadores »  une carrière prometteuse espérons pour tous  qu’il foulera sous peu le sable des plazas françaises…

Les Maestros Javier et Damian Castaño,  le Sr. Maestro José Ignacio Sánchez  ont rapidement noté que ce « garçon » avait en lui l’  « Alma Torera »  lui prodiguant des conseils de valeurs, nombreux sont les professionnels  tels que le Sr. Fernando García Rodriguez, qui a toujours été là pour le torero, tous furent  unanimes : « le garçon » possédait en lui le bagage permettant d’embrasser une carrière de Novillero avec Picadors.

 

 

En ce qui concerne  la  « rabia », la « valentía » « la gana »  nous savons, aficionados,  que seules deux choses permettent à un « novillero » de grandir, de se grandir dans la Plaza : le Toro et le Public. Comme le dit l’adage, le Toro remet chacun à sa place. Quand au public, il n’est pas toujourst tendre, ce qui est un euphémisme surtout même si cela peut paraître cruel, lorsqu’il s’agit de « tendres » novilleros qui  s’envoient des fauves de 400kg dans quelques « pueblos » oubliés. 

(Valentía: Novillo; peso 480kg)

 

 

 

Ce passage, cet examen  Alexis l’a passé avec succès.  Ce passage si difficile, défini dans le glossaire taurin comme  « responsabilidad » permet au torero  de se sentir tout autant a gustito face à un cornu buvant l’étoffe reculée, ou de lidier avec assurance des ganaderias comme Barcial ou encore Victorino Martin. 

 

(Tienta; vaca de Barcial)

 

 Alexis sait ce qu’est la « responsabilidad » : c’est bien plus qu’un mot trop souvent galvaudé, c’est avant tout  une attitude comme  être torero dans et hors de l’arène, défier ses pairs tout en les respectant ou encore  ressentir chaque centimètre carré du traje de luces comme s’il était une seconde peau.

 Les « actuaciones » en festival aux côtés de grands noms comme Javier Castaño ou fernando Robleño (Festival à  faveur de la petite Lucia), toréer au sein de la Glorieta en honneur du défunt Julio Robles font grandir plus vite.

(Responsabilidad: Festival aux cotés de D.L Chavez; J.Castaño y "Victorinos")

 

 

 

 

 Le grand Juan Belmonte avait pour habitude de dire que les jours de corrida, la barbe pousse plus vite.  Je ne sais pas si dimanche  Alexis Sendín Gonçalves « aura la barbe qui poussera plus vite » pour reprendre cette métaphore criante de vérité ?  Je ne sais pas plus comment l’ami qu’il est pour moi gérera  « responsabilidad y nervios » ?

Une chose dont je suis certain en revanche c’est que lorsqu’il déploiera son capote de Brega, « il changera la pesante, la douloureuse réalité en quelque chose d’aussi aérien qu’un voile de ballerine ». (Juan Belmonte 1892-1962).

 

Suerte Torero!

 

"Caminando no hay camino, se hace camino al andar"  (Antonio Machado)

 

Texte, mise en page et "última foto": M. Vargas.

Photos/Fotos: Privadas; gracias a la familia de Alexis/et José Manuel Serrano; agradecimientos