BaIONA 1.09.13: ARCHIVE/ARCHIVO FOTOS: DANIEL LUQUE LA TARDE SOñADA

 

Dans le callejon le matin lors de la novillada, un "collègue" revistero et photographe me dit la phrase suivante: "tu verras de meilleurs passes ce matin que cette après midi". Chaque corrida ou spectacle est différent et il est difficile de parier sur telle ou telle corrida; heureusement, sans ce "mystère", nous n'irions plus aux arènes. Cela dit, il eu presque raison; c'était sans compter sur DANIEL LUQUE et ce dernier toro de "JOSELITO" qui ne demandait qu'à partir avec le train d'arrastre sans ses oreilles.

Revenons à nos moutons ou plutôt à nos toros!.

6 toros donc du maestro JOSELITO corrects de présentation et d'armures pour:

EL JULI (Ovation nourrie et salut au tiers)

M. ANGEL PERRERA ( Salut et ovation) et DANIEL LUQUE  (1 oreille et 2 oreilles).

 

Les 10.000 spectateurs présents sur les gradas attendaient le triomphe d'El Juli, de M. Angel Perrera (qui fut "énorme" il y a deux ans dans ces mêmes arènes) puis éventuellement de Daniel Luque qui maintenant depuis quatre ans avance avec régularité et sèrieux et frappe à la porte du sérail sur laquelle est écrit: "accès reservé".  Il peut allègrement se présenter; la porte est ouverte.

EL JULI fut EL JULI: le madrilène n'a plus rien à prouver: aucun toro n'a de secret pour lui. Il le démontra une fois de plus en ce dimanche 1er septembre. Certes mal "loti", il sut comme à son habitude arracher les quelques pases que proposaient ses adversaires. Remarquable de technique et de connaissance des terrains, il aurait sans doute put couper une oreille face à son premier, après une faena juste agrémentée de quelques derechazos "de categoria". Pourtant grand tueur, il perd le pavillon à l'acier. Le public l'invite à donner une vuelta (non méritée au yeux du maestro). Mais c'est aussi cela être figura: déçu  il s'avance presque gêné pour saluer au tiers. Son second ne permet rien.

Miguel Angel Perrera se grandit devant les morlacos difficiles, ce n'est pas une découverte. Un toro de Joselito tardo (comme tout le lot, sauf le 6èm) et "Michel Ange" ne déroge pas à sa réputation. Il fait preuve d'"aguante" devant un animal qui n'a qu'une demi-passe dans le moteur. Malgré cela, Perrera tire une à une quelques séries droitières complètes avant de s'essayer avec autant de "gana" sur la gauche. Si son second coup d'épée eût été le premier l'oreille serait "tombée" du palco. Ce que certains aficionados n'ont malheureusement pas compris, c'est qu'un "metisaca" n'est pas un pinchazo.  Petite pétition, ovacion et salut.

Face à son second, il répètera les mêmes gestes, je dirais même la même geste et cette fois ci il dresse fièrement un "pavillon" sur les arènes de Lachepaillet.

Daniel Luque repart de Bayonne trois oreilles en poche, rend le sourire à José Miguel Arroyo avec en sus l'assurance de revenir au moins deux fois l'année prochaine sur les bords de l'Adour. Une oreille pour se mettre en jambe face à son premier, un negro zaino qui ne demandait qu'une chose: rentrer chez lui. Malgré un animal distraído, le torero de Gerena  réussit non sans efforts à le garder dans sa muleta. Il distille des séries de derchazos avec classe et assurance face au fuyard. Un bon estoconazo vient parachever le travail du maestro. (Une oreille).

"No hay sexto malo": c'est ce que devaient espèrer le ganadero, les toreros et toute l'assistance. Dès les premiers "appels" du peonaje, le bicho remate au tablas, pousse sous le fer et suit les banderilleros avec entrain. D. Luque a compris que "Naranjito" était une petite orange acidulée juste ce qu'il faut, un fruit juteux qui se déguste plus qu'il ne s'avale sans prendre le temps d'en apprécier la saveur. "Tutti"  "pases".  Naranjito vient de loin, le savoir est une chose, citer de quinze mètres 572kg de muscles et de fougue  en est une autre.

Nous revimes l'espace d'un instant César Rincón et son toreo "d'espace". Non seulement l'Andalou l'appelle, mais ensuite conduit Naranjito avec "arte" y "salero". "Relaja'o" Daniel Luque sert des passes de desprecios ou des remates  aussi suaves qu'un coucher de soleil sur la Maestranza. Quand le fauve "boit" ainsi l'étoffe reculée, on aimerait que le temps s'arrête. Quand un toro comme ce toro bravo devient un ami pour le torero les adieux sont toujours douloureux. Mais le métier de Daniel Luque reste matador de toros; jusqu'au bout, malgré une "entière" bien placée, Naranjito en authentique toro refuse de quitter ce ballet. Brave et encasté, il tombe finalement: sans hésiter le président de la course sort deux mouchoirs blancs: Daniel Luque de Gerena vient de se voir offrir les clés du sérail, et Naranjito celles du panthéon des toros braves.

 

Texte et Photos/ M. Vargas

@marcvargas8